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Carnaval de Tenerife : Enterrement de la Sardine

mars 28, 2011

Actualisation : juin 2017

 

 

 

 Photo  Entierro de la Sardina - Carnaval de Los Gigantes

 

 

Le Mercredi des Cendres, fidèle à une  tradition parmi les plus enracinées du Carnaval, entre pleureuses hilares, veuves joyeuses et gens d’Eglise libidineux, Tenerife enterre La Sardine, équivalent local de l’immolation de Monsieur Carnaval, soit la célebration de l’entrée (supposée…) dans le Carême après les agapes païennes et les débordements des jours précédents.

 

Qui n’a pas assisté à l’Enterrement de la Sardine n’a pas vraiment touché du doigt l’essence même du Carnaval (Tenerife Autrement , pour le Blog Vidadesol) :

“ La  Sardine, poisson gras, est le symbole de la fête, des écarts en tous genres, de la liberté du corps et de l'esprit que représente le Carnaval. Lequel en ce jour funeste va prendre fin, et là je vous renvoie à votre catéchisme : le lendemain du Mardi Gras c'est le Mercredi des Cendres, le Carême commence et là ça rigole plus, nous sommes censés jeûner et faire abstinence pendant environ 40 jours jusqu'au Dimanche de Pâques, c'est ce que symbolise l'Enterrement de la Sardine, pour moi un des moments les plus originaux du Carnaval : hommes et femmes vêtus de Veuves avec mantilles, en Pleureuses, Prêtres, Cardinaux suivent à grands renfort de (faux) pleurs le cortège de la Sardine par les rue de la ville, jusqu'à l'immolation de celle ci par le feu ! Suite à quoi... c'est reparti pour une nuit de fiesta délirante ! “ 

 

 

Entierro de la Sardina, Santa Cruz de Tenerife

 

Les cortèges vont bon train parodiant les processions de Semaine Sainte, et durent souvent plusieurs heures : tubes Carnavaleros repris à gorge déployée alternant avec la Marche Funèbre noyée sous les lamentations de pleureuses , batucadas et fanfarres, fous rires, verres remplis de tout sauf d’eau bénite,  le spectacle déborde la chaussée tandis que sur les trottoirs, la foule et les touristes se tiennent les côtes. 

 

Enterrement de la Sardine

Mode d’emploi

 

 

 

 

1 - Vous êtes toutes et tous susceptibles d'avoir dans vos valises de quoi participer à la “philosophie” de la nuit de la Sardina : du noir, du rouge, du violet... Un crayon pour souligner le regard, un peu de maquillage, et si vous n’avez pas, pendant le Carnaval les boutiques  ont tout ce qu’il faut, notamment le chinois du coin.

Lorsqu’on vit sur place, on rajoute une voilette...des gants noirs... une jarretière, voire des accessoires que la morale n’approuve pas forcément, oú tout ce qui vous passera par la tête ayant rapport avec la thématique du soir.

2 -  Ce n'est pas précisément une nuit pour les enfants : avec eux, optez plutôt pour le "Coso del Apoteosis" le jour du Mardi Gras, et le carnaval de jour.

 

 

 

 Veuve éplorée au poitrail d'althlète

 

 Voilettes et mantilles

Veuve écrasée par le chagrin

 

L'Habit ne fait pas l'Evêque...

Sans nul doute, la nuit la plus inconoclaste du Carnaval

 

 Veuves joyeuses ... cèdent bail !

 

 

 

 

 

Après un parcours complètement loufoque au fil des places, rues et avenues, la Sardina sera immolée par le feu, généralement sur le port, à grand renfort de vacarme, de lamentations et de feux d’artifices !

 

 

 

 

Si vos vacances tombent en pleines festivités, sachez qu’afin de ne pas dépeupler les “Entierro de la Sardina” des petites villes et bourgs de l’île face à l’attraction que génère celui de la capitale Santa Cruz, les dates sont décalées, multipliant ainsi les chances de pouvoir participer à l’une ou l’autre de ces manifestions : à Puerto de la Cruz, Icod de los Vinos, Los Gigantes, Los Cristianos… liste non exhaustive.

La ville de la Orotava se démarque en immolant Don Crispín, Los Realejos enterrent el Señor Rascayú, La Laguna quant à elle organise la jolie “Sardina de la Inclusión”, ou le Carnaval pour toutes et tous, même en fauteuil roulant ou avec un handicap.

 

 

 

Mais, car il y a un mais…

Mon humble avis de Carnavalera de 15 ans, c’est que sous la pression touristique que subit actuellement Tenerife depuis que s’y reporte le tourisme international ne pouvant plus aller ailleurs, la nuit de la Sardina commence à perdre un peu son âme dans la capitale : plutôt que de passer son temps à filmer les Carnavaleros en leur mettant de façon presque impolie un téléphone ou une perche sous le nez, ou en s’imposant - non déguisé – au milieu des groupes de musiciens pour les filmer, le touriste ferait mieux de participer à la fête en lui conservant son unité visuelle : en s’improvisant un maquillage ou un costume avec ce qu’il a sous la main, l’essentiel n’étant pas de briller, mais de participer.

Si je compare le présent avec les souvenirs de mon arrivée sur l’île en 2002, je constate aussi que nombre d'  "anciens " qui possédaient un art consommé des rituels “del Entierro”  forcément ne sont plus là, or pour beaucoup de plus jeunes la nuit de la Sardina deviendrait presque une soirée de plus de cette longue semaine de festivités, la plus délurée, certes. Ce doit être ça prendre de l’âge : commencer à regretter un certain “bon temps” :)

Autre mise en garde : si durant des décennies le Carnaval de Santa Cruz de Tenerife était une manifestation bon enfant , ce même afflux touristique a entraîné avec lui une horde de pickpockets trés habiles : attention à vos porte-monnaie et à vos téléphones portables.

Préférez donc peut être les villes de plus petite taille citées ci-dessus, oú allez à Santa Cruz, mais comme nous le faisons nous même : quelques euros dans une poche, la clé de la voiture en sécurité, et rien d’autre sinon votre bonne humeur et votre envie de faire la fête, à la canarienne !

 

 

France G.

tenerife.autrement@hotmail.com

 

 

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Je remercie les auteurs de guides, les agents de voyages, les medias, les journalistes ... pour leur passage sur mon site et pour leur intérêt, et souhaite néanmoins rappeler que citer ses sources reste la base de l'honnêteté intellectuelle... merci à vous !